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Légionnaire
( 5 & 6 ) L'armement offensif compte aussi un glaive, gladius ( épée courte utilisée comme arme d'estoc et de taille ) et un poignard, pugio .
L'armée du roi SERVIUS TULLIUS (VIeme siècle avant JC) se présentait en phalange massive, sur 6 rangs de profondeur. A partir de la réforme de l'armée du dictateur CAMILLE (IVeme siècle avant JC), la disposition se fait plus rationnelle, la bataille se livre sur de petits fronts. Les légionnaires sont rangés au coude à coude, les corps alliés flanquent les légions romaines et la cavalerie est aux 2 ailes, avec les éléments légers en avant. Chaque légion en ordre de bataille se présente sur 3 lignes en quinconce , articulées en manipules. Les manipules, divisées en centuries , se présentent eux mêmes sur plusieurs rangs. Ils sont séparés les uns des autres par des intervalles égaux à leurs fronts, de sorte que chacun puisse effectuer unrepli sans affecter l'ensemble du dispositif. Le signal donné, les soldats lancent le javelot , puis on en vient au corps à corps. Les vétérans , en nombre 2 fois moins important que chacune des 2 lignes d'assaut, sont en position d'attente, le genou à terre. Ils ne sont engagés que si les 2 premières lignes ont été repoussées. Parfois, l'armée doit recourir à des formations savantes comme le cuneus (quelques braves entraînent une colonne, dont les rangs s'élargissent au point de former un angle aigu) ou l'orbis (les soldats font le cercle pour résister de tous les cotés). A la fin de la république (fin du IIeme siècle avant JC et Ier siècle avant JC), alors que les campagnes militaires se déroulent sur des champs de bataille très différents les uns des autres, MARIUS puis CESAR , améliorent les techniques du combat légionnaire en les dégageant de la formation stéréotypée de la tactique manipulaire et en disposant leurs troupes en fonction des conditions géographiques. On se met à développer les attaques sur le coté et en encerclement , toute la légion n'est plus sur le champ de bataille, mais des troupes sont gardées en réserve à distance respectable. Enfin on fait de plus en plus souvent appel à des bataillons étrangers spécialisés comme les archers et les frondeurs qui permettent de déstabiliser l'ennemi. Pendant l'Empire, le rôle de la cavalerie dans les combats est renforcé, car les romains doivent affronter des ennemis réputés comme excellents cavaliers, tels les Barbares, les Parthes, les peuples d'Afrique et d'Asie. C'est la raison pour laquelle, à partir du IIeme siècle, on voit apparaître dans la légion une cavalerie lourde dont les hommes portent une cuirasse comme les fantassins. Ces cuirassiers ou cataphracti constituent alors les ailes de la légion en ligne de combat.
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Hastatus
(7 & 8 ) Au deuxième rang se trouvent les principes — d'âge mûr, 1 200 hommes — et au troisième les triarii — les plus âgés, 600 hommes — et entre ces rangs ou au-devant pour les escarmouches s'intercalent les vélites — infanterie légère, plus pauvres, 1 200 hommes. Et à chaque légion est adointe une unité de cavalerie de 10 turmes de 3 décuries , soit 300 cavaliers.
( 4 ) La lance, hasta , d'où le nom " hastati ", des fantassins qui l'utilisaient .
Lorsque l'armée romaine fait mouvement assez loin de l'ennemi, il y a un ordre demarche à peu près immuable. En pays ennemi, la troupe délègue, très en avant, de petits groupes d'éclaireurs qui utilisent les renseignements recueillis par les espions. Quand une attaque ennemie est possible, l'armée avance en agmen quadratum (formation en croix). Le légionnaire en marche est lourdement chargé ( environ 40kg ). Son sac comporte gamelle, effets personnels, outils pour le camp, et 17 jours de vivres. Parfois, lors de certaines expéditions, on allège le bagage du soldat. L'étape est d'environ 25 Km , mais il y a souvent des marches forcées . Le porte-enseigne (signifer ) est en tête de colonne, et c'est à lui que les commandements d'arrêt ou de marche sont transmis .
Hasta, Pilum, Gladius & gourde
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Caligae
Pilum
Pugio
Paquetage
( 3 ) Les hastati combattent en utilisant le célèbre pilum , javelot lourd conçu pour percer les armures et les boucliers adverses, lancé juste avant le corps-à-corps . Il est muni d' un poids en plomb pour donner plus de force au trait .
Gladius
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(2 ) Le bouclier, scutum , hemicylindrique en bois lamellé est recouvert de cuir. À l'intérieur le nom du légionnaire, les numéros de cohorte et de légion étaient indiqués. Le bouclier se porte comme une valise, pour faciliter les longues marches .
10 - Semper fidelis D'où je suis... les nuages paraissent si proches . Je les observe, l'un après l'autre, sans me lasser de leur défilé paresseux . Ils se déchirent parfois avec une science minutieuse du découpage, rendant imprévisible la forme que produit cette désagrégation . Ils sont tous différents, mais leur matière les unis . Nous sommes semblables . Le vent s'est retiré . Il doit probablement estimer qu'ils ont fait assez de chemin comme cela . Il est peut être temps qu'ils perdent la blancheur de leur teint . La montagne qui nous entoure le veut . Lorsqu'ils atteindront la cime, qu'ils peinent désormais à dépasser, ils se bousculeront . Leurs volutes fusionneront en étreintes titanesques, sous le regard envieux de Jupiter . Certainement contrariés par ce désordre naissant, ils finiront leur course en explosant de colère . Aurai–je encore le temps de voir leurs visages tourmentés ? J'aimerai sentir leurs larmes, fruit de cette mauvaise humeur... de petites gouttes . Fines et éparpillées, légères et encore tièdes . Puis, comme des milliers d'insectes courant à leur perte, une pluie torrentielle, froide, qui s'acharne inlassablement sur cette clairière asséchée par l'été . La gorge me brûle . Je n'ai pas trouvé de gourde à portée de main . Mes jambes ne me portent plus . Cinq kilomètres en une heure, puis dix minutes de pause. Et cela, cinq à sept heures durant. J'ai imposé cette discipline exténuante à tous ces hommes . Moi, Quintilius . J'en étais fier . Ils sont restés autour de moi, comme des enfants qui guettent un signe du maître d'école, pour être le premier à lever la main, fiévreusement, avant même que les mots se soient extirpés de la bouche de ce père universel . Ils m'ont admiré, au delà de la raison . J'ai conduit mes Hastati (1) dans les vallées les plus retirées de cette luxuriante Germanie . Vaillants, intrépides, mais aussi ignorants de la vie qu'un agneau qui prend l'apparence du loup pour survivre . Qu'ont-ils eu le temps d'apprendre ? Qu'ont-ils vécu à mes cotés ? Lorsque l'hiver des Apennins, glacial et humide, a emporté Milva dans le monde des ancêtres, la lumière de ma vie s'est éteinte à jamais . Je suis parti avec la légion de Germanie . J'étais déjà anéanti, que pouvait-il m'arriver ? Serrés en un groupe compact, à peine arc-boutés, prenant appui sur la jambe gauche, légèrement pliée, alors que la droite est tendue, fichée dans le sol, ils attendent le bruit, sourd, violent . Ce choc qui fait perdre la raison . Instant irréel, arrachant aux hommes les plus aguérris un gémissement craintif que rien ne peut retenir . Parfois un hurlement de rage couvre le bruit de cette peur, simulant un désir de vaincre. Il ne dure guère que le temps d'un souffle, qui déjà, lutte pour ne pas disparaître . Les Scutum (2) hemicylindriques en bois lamellé et recouverts de cuir se sont interposés entre les assaillants et mes fils . J'ai toujours souhaité qu'ils soient mes fils. Je les ai endurcis pour qu'ils affrontent ces minutes interminables . Ils savent propulser le Pilum (3) juste avant le corps-à-corps, pour réduire le nombre de ces démons vociférants qui se ruent sur eux, à demi nus, les cheveux en désordre . Leurs hordes ne cherchent qu'une issue, peu importe la forme que doit prendre le combat : il faut vaincre . Ensuite, lorsque l'instant de terreur s'est installé, lorsque les Hasta (4) se sont pointés sur les torses des germains, les plus vaillants de mes Hastati se dégagent sur les ailes et, en mouvements semi - circulaires nerveux, de leur Gladius (5), ils portent l'estoc et la taille sur les barbares, peu au fait du maniement technique de l'épée courte . Protégés par des casques de bonne qualité, des cottes de mailles (ou le plus souvent une plaque de métal sur le sternum) ainsi que de larges boucliers, le Pugio (6) comme ultime défense, mes fils ont vaincu . Encore une fois . Mais à quel prix ? Les germains étaient bien supérieur en nombre, comme c'est souvent le cas. Pourtant, cette fois, ils nous ont surpris, jaillissant de cette obscure forêt, envahissant l'étroite clairière en quelques minutes . Nos formations, diversifiées et tactiques, n'ont pas d'égal chez les barbares . Ils ne peuvent vaincre les légions de Rome . Ils sont perdus . Pourquoi luttent-ils encore ? Probablement pour tenter d'isoler une partie d'entre-nous, séparée un temps des Principes (7) et des Triarii (8) . Rome considèrera ce combat comme une escarmouche ... brillamment contrée . Aujourd'hui, je n'ai pas su protéger mes fils . Quelques uns sont partis à la rencontre du gros de la légion . Je les y ai envoyé comme on congédie un domestique maladroit . Ils ne voulaient pas me laisser . Je ne tenais pas à qu'ils voient dans mon regard le désespoir d'avoir perdu leurs frères . Mes muscles sont engourdis . Je ne pensais pas que le froid viendrait si vite . La chaleur qui nous faisait suffoquer lors de cette marche forcée s'est évanouie . Je regarde le visage d'adolescent de ce barbare . Il m'observe aussi, mais ses yeux, si clairs, n'ont plus qu'un sombre reflet . Sa mère va venir le chercher dans la clairière, scrutant d'un regard affolé chaque recoin du champ de bataille . Elle va l'appeler et ... elle le verra . A mes côtés . Ses yeux fixant l'homme qui a pris sa jeune vie . Il n'y aura pas de pardon pour cela . Il serre encore sa lourde lame d'acier . Elle est magnifique : sculptée d'ornements entrelacés et d'un cerf au port hautain . Je ne l'ai pas vue assez tôt . Pourquoi sommes nous là ? Ces enfants sont morts pour une gloire qu'ils ne connaîtront jamais . Je suis resté fidèle à la légion, comme le veut notre serment : " Legio semper fidelis ". Je lui ai tout donné . Mais Rome ne m'a pas rendu l'espoir . Allongé sous cet arbre, entre les feuillages, je regarde une fois encore les nuages . Leurs boucles me rappellent tes cheveux . Mes mains les cherchent, tendues vers le ciel assombri . J'ai senti les premières gouttes . Il va enfin pleuvoir . Milva, je viens te rejoindre ... Phil :-) archeostudio.net
( 1 ) Au 1er rang en ordre de bataille, on trouve les hastati - les plus jeunes des légionnaires, puis de la cohorte après la réforme de Marius - ils encaissent le choc, 1 200 hommes, bien entraînés et extrêmement efficaces.
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